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 Rang D - Démission spontanée [En]

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En no Kyōshin
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MessageSujet: Rang D - Démission spontanée [En]   Lun 27 Juin 2016 - 22:55

Les compagnons de voyage s’étaient arrêtés dans une grande plaine bordant le village d’Okarina, sous un soleil de plomb qui faisait briller l’herbe grasse et chanter les cigales. En et son chien Fu s’installèrent à l’ombre de l’une des caravanes avec lesquelles ils avaient fait le chemin au départ de Taki, un cortège aux couleurs de l’empire qui transportaient quelques biens pour les principaux villages alliés de l’Empire. Sa naginata à sa gauche, la tête de Fu posée sur sa cuisse droite, En ferma les yeux et ralentit sa respiration, afin de méditer sur son voyage. Fu ronfla, la chaleur neutralisant son énergie habituellement vivace.
Solidement gardé, la présence d’En derrière de le convoi n’était pas réellement nécessaire, mais celui qui le menait, un homme au regard dur et à la moustache drue, avait accepté de lui fournir une couche pour peu de son aide. Aussi, le moine et le chien gardèrent leurs distances lors du voyage, à l’écart du groupe, marchant dans les sillons des caravanes, naginata sur l’épaule et esprits aux aguets malgré tout. Ils ne rencontrèrent bien évidemment aucun ennui, ce qui pouvait expliquer les soupirs las de la plupart des gardes lourdement armés. Les soirs venus, En et Fu s’endormaient côte à côte, roulés dans une grande couverture, car malgré les chaudes journées de marche, la température tombait une fois le soleil couché. Le moine partageait peu avec les autres soldats postés autour du feu de camp ; il ne faisait que profiter de l’hospitalité, dos aux braises mourantes.

En continuait ainsi à méditer paisiblement, récupérant de son énergie, lorsque Fu releva la tête. Le moine entrouvrit les yeux, afin de reconnaître le chef du convoi qui patientait, le regard au loin, une pomme dans la main. En tapota la tête de son chien – il ne se fit pas prier et la reposa sur la cuisse de son maître.

« Désirez-vous quelque chose, chef Shankujo ? » s’adressa-t-il à l’homme, le ton serein.
« Non. » répondit sèchement l’homme, le regard vissé sur l’horizon, accoudé à la caravane.
« Faîtes-moi signe au besoin, alors. » termina le moine, joignant à nouveau les paupières.

Chef Shankujo gratta bruyamment de ses ongles crasses son menton mal rasé, pour croquer sans retenu dans sa pomme. Fu émit un soupir, trahissant l’agacement de la bête. Chef Shankujo n’y fit pas attention et continua à fixer le paysage. Après un moment, sans grande habileté, il demanda :

« Un déserteur ? »
En garda les paupières closes mais poussa un soupir. « Oui... »
« À Okarina ? »
« Il semblerait. »
« L’éliminer ? »
« Telle est ma mission. »
« Mmph. J’pensais qu’un moine respectait la vie. » fit l’homme, la pupille hagard, un vague sourire sur les lèvres ; En rouvrit les yeux lentement et malgré son stoïcisme, son regard trahissait un certain énervement.
« Tout n’est que question de cause à effet, chef Shankujo. Le respect est d’ailleurs le mot clef de cette mission. Celui que je traque a manqué de respect à l’Empire, des conséquences doivent donc normalement s’appliquer. Si sa mort est la conséquence à sa trahison, alors soit, je l’exécuterai. » de répondre le moine, d’abord abruptement, puis de reprendre calmement : « Nous, moines du Kyoshin, respectons un code aussi vieux que le monde : chaque action entraîne une seconde action, qui en entraîne d’autres par la suite. Ainsi, chacun de nos actes se doit d’être assumé et les conséquences de ceux-ci se doivent d’être acceptées humblement. Tel est le chemin vers l’élévation. » récita-t-il, la voix basse et monotone. « Mais peut-être avez-vous raison, je devrais accepter de l’épargner. J’en assumerai alors les conséquences. Vous également, car celui que je traque pourrait détenir des informations concernant des convois comme celui-ci et qu’il souhaiterait vendre au plus offrant. Le jour où des brigands, armés et nombreux, vous barreront la route, peut-être vous souviendrez-vous de cet avant-midi où vous avez convaincu un moine d’épargner un homme, par soucis de conscience. Ensuite, lorsque vos hommes et vous-même ploierez sous les armes ennemies, peut-être comprendrez-vous que treize innocents mourront, pour un coupable épargné. Car une action en entraîne une autre, qui en entraîne d’autres en retour, chef Shankujo, et les conséquences sont parfois imprévisibles. Êtes-vous prêt à accepter toutes les conséquences de ma négligence, chef Shankujo ? » termina En sur un ton qui se voulait banal ; il tapotait la tête de son chien, afin de calmer son énervement.

L’homme siffla devant la longue tirade du moine.

« Faudrait pas trop t’enfler la tête avec tes théories, gamin. T’as pensé qu’ton arrogance pouvait t’créer des conséquences ? » répondit Shankujo en s’approchant, menaçant.

En ne broncha pas, ce fut Fu qui réagit. Le chien se leva et grogna. Mais Shankujo en avait vu d’autres et en avait affronté plus d’un. Un moine et son chien était de loin les adversaires les plus ridicules qu’il avait rencontré. Aussi, il ne s’approcha encore d’un pas. Fu bondit devant En et jappa un seul coup, assez fort pour faire douter Shankujo un instant, temps nécessaire pour En d’enchaîner :

« Je ne fais peut-être pas le poids face à vous, mais m’attaquer provoquerait la colère de Fu, qui vous morderait jusqu’à l’os. Peut-être que mon chien ne fait pas non plus le poids contre vous, chef Shankujo, mais nos morts pourrait attirer l’œil de l’Empire sur votre cas. Et si jamais je ne suis pas assez important pour l’Empire, soyez sûr que c’est le destin qui vous le revaudra. »

Le moine se leva d’un bond et ses vêtements amples s’agitèrent de telle sorte qu’on aurait dit qu’En avait été soulevé par une bourrasque. Du bout du pied, il fit sauter sa naginata dans sa main gauche, tandis que de sa droite, il plongea ses doigts dans les poils humides du col de Fu, afin de le retenir. Les gencives du chien étaient visibles et la lame du moine était au clair.

« Un moine du Kyoshin ne peut porter la première attaque… »
« Va t’faire foutre avec tes dictons gamin ! T’es qu’un putain d’genin ! »
« Soit, j’accepterai les conséquences de votre mort, chef Shankujo. » dit-il d’un ton glacial.

Le chef éclata de rire, avant d’avancer d’encore un pas, un rictus fendant son visage. La mâchoire de Fu se crispa d’avantage et il abaissa le museau. Le chien aurait bondit, si ça n’avait pas été de la main rassurante de son maître.

« Mes hommes vont t’tailler en quatre, gamin ! »
« Très bien, voyons voir en combien de morceaux je parviens à vous découper, alors. »

Shankujo n’eut qu’à serrer le poing pour qu’En, plus rapide, frappe de son arme à la verticale, venant planter la lame entre les pieds de son opposant. Celui-ci resta figé devant la rapidité du mouvement.

« Un moine du Kyoshin ne doit utiliser que la force nécessaire pour répondre à une attaque… Trois morceaux. Un nombre raisonnable pour un homme de votre taille. »

Shankujo avait beau être furieux, il hésitait à poursuivre. Le chien était plus intimidant que jamais tandis que le manque d’expressions faciales du moine l’empêchait de jauger son niveau. Force était d’avouer qu’il l’avait effectivement sous-estimé. Il doutait de ses chances de vaincre, car dès lors qu’il tenterait d’appeler des renforts, le chien lui sauterait à la gorge et lui déchirerait la trachée, c’était du moins l’impression que donnait le molosse. Il serait trop tard pour lui lorsque ses hommes accourraient et le moine et son chien ne feraient qu’une seule bouchée de ces chiffes molles – leurs armes ne leur donnaient qu’une fausse impression de courage. Le chef déglutit.

« Mouais… Faudrait pas que tu t’blesses avec ton jouet, gamin. Fous l’camp, avant que j’change d’avis. J’vais fermer les yeux pour c’te fois… Mais ne t’avises plus d’croiser ma route ! »

Un dernier avertissement innutile, car le moine et son chien avaient déjà plié bagage.
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MessageSujet: Re: Rang D - Démission spontanée [En]   Ven 15 Juil 2016 - 7:20

En et Fu arrivèrent à Okarina en milieu d'après-midi, alors que le crâne du moine commençait à rougir.  La place forte était semblable aux autres de l'Empire, de part ses murailles de pierre d'un gris terne, et des gardes qui en contrôlaient les entrées nombreuses.  Populaire pour ses sources chaudes et son parc, Okarina parfois quelques belligérants, dans son arène, au grand plaisir des civils.  En était étranger à cette coutume, car les combats n'étaient pas nécessaires à son sens.  Kyōshin apprenait à ses disciples à ne lever le poing que lorsque l'adversaire engageait le combat et l'art du Hasshoken était enseigné afin de se défendre, non pas pour tuer, bien que cette éventualité n'était pas interdite.  

Le premier homme qu'En tua fut un brigand anonyme, surgis sur leur chemin.  Une journée banale où lui et d'autres moines s'étaient rendus à Hesse, afin d'y récolter quelques provisions.  Le bandit n'avait cependant pas envisagé qu'un énorme chien vienne à la rescousse du jeune moine, encore moins que celui soit plus costaud que lui.  Il était mort sous les poings du garçon, alors âgé de quatorze ans.  En avait été réprimandé pour la violence de son acte, mais pas pour son meurtre.  Un jeun de deux jours et des tâches augmentés, voilà ce à quoi avait eu droit le garçon.  Goro, lui qui était comme un père pour En, lui avait rappelé que la mort n'était qu'une conséquence aux actions du défunt et que tous finissaient par périr.  Car contrairement à l'esprit, le corps n'était pas fait pour perdurer.  Ainsi, En n'eut pas de mal à accepter ce fait.  Il tua un second homme deux ans plus tard, plus par chance que par adresse.  Il avait tenté de le défier, afin de voir la réputation des moines.  En n'avait pas reculé.  Il était tombé tête première sur un rocher.
Kalio Nagazuki serait le troisième, donc.  Il pouvait sembler impropre au moine d'accomplir une telle mission, mais la voie du Kyoshin était si complexe que même lui, du haut de ses dix-sept ans, ne parvenait pas encore à en comprendre ne serait-ce qu'un infirme indice.  Et malgré les sermons sur l'humilité distribué par le grand prêtre — et les histoires de Goro-san sur sa vie de bandit — En ne pouvait s'empêcher de penser qu'il l'avait bien cherché.

Le moine et son chien s'arrêtèrent à une table d'un petit commerce, à l'ombre.  D'une main, il ordonna à Fu de se coucher, puis il commanda un thé pour lui et un bol d'eau fraîche pour Fu.  La foule massait les rues et En avait encore le temps pour se reposer.  Kalio avait peut-être déserté, il n'était cependant pas stupide.  Il se cachait quelque part dans les environs, préparant sûrement sa fuite.  Nul doute qu'il se dirigerait vers Shousan, afin de vendre les maigres informations en sa possession.  Il passerait sûrement par Kui, afin de garantir sa sécurité et à partir de ce point, il ne craindrait plus pour sa vie.  Après tout, il n'était qu'un mercenaire de bas étage qui s'oubliait vite.  Mais En était confiant en les capacités de traqueur de Fu.  Il était intelligent et malgré ses lacunes dans le monde des shinobis, il avait voyagé au travers des plaines arc-en-ciel, assez pour en comprendre les territoires.  Kalio aurait besoin de temps afin de passer les frontières bien gardées de l'Empire.  Une brèche existait, c'était certain, et il la trouverait.  Mais En le retrouverait bien avant.
Bien que pour l'instant, il n'avait aucune piste.
Il paya sa table et partit.  Dans les rues, il se prit un chapeau de paille.   Il se trouvait idiot de ne pas y avoir pensé plus tôt.  Il contourna le parc, vit de loin les sources chaudes et aboutit au poste des gardes, où normalement les différents postes frontaliers devaient se rapporter.  Okarina était la seule place forte aux abords de la frontière impériale et servait en quelque sorte d'intermédiaire entre elle et la capitale.

« J'aimerais parler avec le capitaine des gardes.  J'ai eu ordre de retrouver et d'éliminer Kalio Naguzaki. »

On le mena jusqu'aux quartiers du chef et ce fut un homme borgne, taciturne et austère qu'il l'accueillit.  Devant lui était déroulé une carte de l'empire, avec différents points marqués à l'encre.  Un homme, posté à l'entrée, hésita à laisser passer le chien et Fu grogna pour prouver son mécontentement.  En s'accroupit et murmura quelque chose à l'oreille de la bête.  Le molosse croisa les pattes et y posa la tête, sans demander son reste.  En en profita pour s'alléger de son arme et de son sac, qu'il déposa à ses côtés.

« Se départir de ses armes n'est pas toujours chose avisée, garçon. » fit le capitaine sans même levé la tête, occupé à remplir un rapport.
« À quoi bon montrer les crocs lorsqu'on peut présenter la paume. » répondit le moine, immobile ; le capitaine sourcilla et émit un sourire, ce qui dérida un instant son visage buriné.
« Tu es le premier moine qui croise ma route — mis à part ces énergumènes de Shi — et les cinq savent que j'ai vécu longtemps !    Ainsi, tu es sur la piste d'un déserteur...  Mmmh...  Kalio Naguzaki...  Je vois.  N'est-ce pas contre ta nature de moine ? »

En soupira.  Pourquoi était-ce si dur d'accepter qu'il puisse effectivement accomplir cette mission.  Les bandits tuaient par envie, les soldats par plaisir, alors pourquoi pas un moine sur le chemin de l'élévation ?
Face à sa réaction, le capitaine eut un rire franc, avant de se redresser et de croiser les bras.

« Je ne dois pas être le premier à te poser la question...  Très bien garçon, tu es seul responsable de tes choix, comme on dit. » (En baissa les yeux, un vague sourire sur les lèvres.) « Voyons voir...  Nagazuki, Nagazuki, Naga...  Ah oui, voilà.  Approche-toi, que je te montre ce que j'ai. »
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